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GESTUELLE POUR LA PROLONGATION D’UNE VIE est composée de trois mouvements (poèmes/pensées/récits) afin de faire émerger sous toutes ses formes ce besoin de prolonger son existence et son corps par le truchement de la littérature.
On ne sait jamais si l’on y réussi, mais les herbes folles qui émergent des fissures de notre être dessinent sinueusement cette ombre qui nous construit.

GESTUELLE


RESSACS COUV

Notre pensée se déplace en vagues dont certaines vont s’écraser contre un obstacle tout en se reconstituant différemment et en emportant
une chose arrachée.
Elles ramènent alors cette chose vers les autres vagues, celles qui connaissent le large, celles qui construisent notre horizon. Cet horizon dans lequel vont s’écraser nos rêves en ramenant toujours quelque chose d’arraché.
Nous ne nous habillons que de lambeaux, c’est notre regard qui en fera l’unité.

Poèmes accompagnés des encres d’Ysabelle Voscaroudis

Ressacs, poésie

 

A propos de Ressacs par TRISTAN FELIX

   Ce veilleur à vif pilote avec ferveur la revue FMP et les éd. Tarmac. Copeaux contre la Barbarie chez Tarmac s’ouvrait ainsi : l’inculture se cultive en perçant la rétine – avec une balle c’est mieux ; Ressacs, plus intime, annonce : j’écris pour que mon corps prenne moins de place. Le poète engage sa langue dense et lucide, où luit parfois la candeur panique de Michaux, dans une lutte contre l’emprise et l’imposture. Contre l’impuissance ou la défaite du corps Il lève le poing comme un fœtus dans sa poche, car tout renaît du vide qui n’est pas rien ! Il faut mourir une chose en soi pour en faire naître une autre jusqu’à L’extase de déterrer ce qu’on ne savait pas. Les treize encres sombres et diaphanes d’Y. Voscaroudis, par ailleurs comédienne, chanteuse et art thérapeute, absorbent en leur fluide des paroles de l’auteur, les rendant à leur humeur native. Ouverte aux ressacs ou ferme en sa tenue aphoristique, l’écriture croise ici le signe mallarméen : Un mot se mesure au poids du silence qu’il provoque. Point de littérature sans cette sidération qui cloue le bec à l’instant même de la profération. Or, cet impensable de la présence/absence et du dedans/dehors libère malgré lui, comme en deçà du signe, l’interface d’une conscience primitive qui serait l’espace même du langage qui advient, qui accouche on ne sait même pas de quoi, car l’identité de soi toujours flotte, jamais finie. La solitude, c’est la conscience de l’autre. Et si, en ce cinquième opuscule du poète nancéen, l’autre n’était pas cette scie du je rimbaldien mais la poche où renaître grandi et transfiguré ?

 

Publié dans la revue Dissonances

 

 

 


DILAPIDATIONS jpg

La cabine à révolte.

La cabine était si isolée et nomade que chacun passait sa vie à la chercher. Puis venait le grand jour, la joie de l’avoir trouvée, la file d’attente devant sa porte, la rencontre avec les autres révoltés, et cette ignorance des uns envers les autres qui était de rigueur.
Alors, chacun son tour s’engouffrait dans le cube insonorisé pour y faire sa petite affaire: hurler des slogans, écrire sur les murs, briser les objets mis à disposition, laisser choir un bulletin de vote que personne ne lira…
Et avant que le prochain n’entre, la cabine se nettoyait automatiquement et on y plaçait de nouveaux objets propres à assouvir le moindre caprice révolutionnaire.
Tout le monde sortait plus calme de la cabine, comme endormi, assagi, satisfait, et retournait assouvir ses besoins quotidiens.

Dilapidations, nouvelles


couv rougier

Tout ce qui tombe n’est pas chute, ainsi mes paupières affaissées relevant le défi de raccorder toutes ces choses découpées le jour, et ce souffle vertical ensommeillant mon corps allongé et ce silence que je respire le corps plaqué au tien, ainsi tes ambitions écroulées sur le matelas érigent la volonté de rallier l’humble camp où ne se trouvent que tous les sois du monde, tout ce qui tombe n’est pas chute, ainsi tes habits à terre effondrés magnifient toutes les femmes que tu rassembles en toi, ainsi à peine le temps de toutes les compter que tu pleux sur moi comme de la bruine fraiche, alors le temps de m’adosser au temps, je tombe sur ton absence juste en ouvrant un œil, je le referme aussitôt pour te voir un peu plus, juste pour mieux voir comment ça marche les tours quand c’est toi qui les tombes, tout ce qui tombe n’est pas chute.

ce qui berce ce qui bruisse, poésie


 

 

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La terre est ronde comme un billet de banque
Carrée comme les épaules d’un chien
Festive comme un onze novembre
Et avec ça, il faut trouver chaque jour la force de lever le poing
comme un fœtus dans sa poche qui ne connaît ni espoir ni
désespoir
juste ce besoin de créer des reliefs
juste l’envie de sortir la tête
La terre est plate comme le ventre d’une mère
Oblongue comme le pouce de l’enfant
Et aussi libre que l’Homme qui la pense

Copeaux contre la barbarie, poésie


 


goiri@free.fr

 

Site professionnel, éditions TARMAC : http://www.tarmaceditions.com

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