A paraître en 2018 :

  • Gestuelle pour la prolongation d’une vie, recueil de poésie illustré par Joë Fernandez, éditions Tarmac

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La cabine à révolte.

La cabine était si isolée et nomade que chacun passait sa vie à la chercher. Puis venait le grand jour, la joie de l’avoir trouvée, la file d’attente devant sa porte, la rencontre avec les autres révoltés, et cette ignorance des uns envers les autres qui était de rigueur.
Alors, chacun son tour s’engouffrait dans le cube insonorisé pour y faire sa petite affaire: hurler des slogans, écrire sur les murs, briser les objets mis à disposition, laisser choir un bulletin de vote que personne ne lira…
Et avant que le prochain n’entre, la cabine se nettoyait automatiquement et on y plaçait de nouveaux objets propres à assouvir le moindre caprice révolutionnaire.
Tout le monde sortait plus calme de la cabine, comme endormi, assagi, satisfait, et retournait assouvir ses besoins quotidiens.

Dilapidations, nouvelles


couv rougier

Tout ce qui tombe n’est pas chute, ainsi mes paupières affaissées relevant le défi de raccorder toutes ces choses découpées le jour, et ce souffle vertical ensommeillant mon corps allongé et ce silence que je respire le corps plaqué au tien, ainsi tes ambitions écroulées sur le matelas érigent la volonté de rallier l’humble camp où ne se trouvent que tous les sois du monde, tout ce qui tombe n’est pas chute, ainsi tes habits à terre effondrés magnifient toutes les femmes que tu rassembles en toi, ainsi à peine le temps de toutes les compter que tu pleux sur moi comme de la bruine fraiche, alors le temps de m’adosser au temps, je tombe sur ton absence juste en ouvrant un œil, je le referme aussitôt pour te voir un peu plus, juste pour mieux voir comment ça marche les tours quand c’est toi qui les tombes, tout ce qui tombe n’est pas chute.

ce qui berce ce qui bruisse, poésie


 

 

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Notre chère terre, enfermée dans sa bulle étoilée, ne serait qu’un grand asile nous offrant de beaux couloirs où se perdre et où se retrouver. De beaux couloirs aux murs ornés de beaux papiers peints.
Et on en profite pour coller des mots sur le papier, pour ne pas oublier ce que tout le monde oublie. Mais, c’est juste pour soi, car on voit bien que plus personne ne sait lire.
Alors on colle tous ces mots pour se souvenir des choses, pour se souvenir qu’un mur est un mur et que le papier qui le cache est bien du papier qui cache.
Même ce qui n’est rien, même ce qui n’est pas, même ce qui ne sera jamais.
Alors l’errance est notre devise, car il est juste temps d’aller partout, juste temps d’étendre les bras jusqu’à la lune, toujours les lèvres tendues pour nous écouter.
Il est juste temps de crier pour étouffer nos peurs et cacher ceux qui se meurent dans nos couloirs.
Il est juste temps de nous écouter recoller les morceaux…

…Dans les couloirs de notre asile, il y a de beaux papiers peints qui intéressent tout le monde parce qu’il y a de belles fleurs et de beaux dessins.

Dans les couloirs de notre asile…


 

 

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La terre est ronde comme un billet de banque
Carrée comme les épaules d’un chien
Festive comme un onze novembre
Et avec ça, il faut trouver chaque jour la force de lever le poing
comme un fœtus dans sa poche qui ne connaît ni espoir ni
désespoir
juste ce besoin de créer des reliefs
juste l’envie de sortir la tête
La terre est plate comme le ventre d’une mère
Oblongue comme le pouce de l’enfant
Et aussi libre que l’Homme qui la pense

Copeaux contre la barbarie, poésie

goiri@free.fr

 

Site professionnel, éditions TARMAC : http://www.tarmaceditions.com

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