Tandis que le roseau prend tout son temps en profitant des délices d’un paysage sans fin pour tendre sa frêle tête vers le nuage éconduit par le souffle du mouvement de la terre, tu t’entêtes à perdre ton temps en soufflant sur les cendres de ton passé endormi.

 

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Quand tu trempes ta chemise en pliant ton corps pour retourner la terre nourrissant ta famille, souviens-toi de la nudité du ver qui a tendu le sien pour créer ce fil merveilleux qui sèche ta transpiration tandis que lui s’acharnait à construire son cocon pour devenir papillon qu’il ne deviendra pas puisqu’on a pris son fil pour t’en faire un habit qui jamais ne te fera voler autrement qu’en pensant à cette liberté à laquelle tu crois tant et qui n’est pourtant que le fruit de ta propre pensée.

 

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Si tu chasses les mouches avec un marteau, ne mange pas dans ton service en porcelaine.

 

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Si tu n’es pas absolument certain d’avoir un doute sur l’acte irrémédiable que tu t’apprêtes à accomplir, remets la chose au lendemain, car ce jour-là, tu auras peut-être oublié ce qui n’a pas retenu ton geste.

 

 

 

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